INTRODUCTION Mémoire rédigé en 1997 pour l'obtention du DE Educatrice spécialisée Béatrice Constantin-Mora.

Publié le 10 Août 2015

Au cours de ce mémoire, je souhaite montrer en quoi l'acte d'apprendre, s'il est considéré comme un acte de création peut permettre au sujet de s'inscrire socialement.

Je ferai référence à ma pratique issue des stages que j'ai effectués en Maison d'Enfants à caractère Social et dans une Classe d'Intégration Scolaire, dans le cadre de la scolarisation des enfants du voyage.

Tous les enfants qu'ils soient nomades ou sédentaires sont soumis à l'obligation scolaire jusqu'à seize ans.

L'école est généralement considérée comme le lieu incontournable pour l'instruction et la socialisation des enfants. Paradoxalement, elle produit aussi l'exclusion et "l'échec scolaire".

Être exclu, c'est être rejeté, mis à l'écart, jugé incapable, inutile. Les apprentissages scolaires mettent des enfants en difficulté. Et il semblerait que les jugements de valeurs négatifs portés sur leurs compétences scolaires ne concernent pas seulement leur statut d'élève mais rejaillissent sur toute leur personne.

Or, comment peut on considérer qu'un enfant d'une dizaine d'années est irrémédiablement soumis à l'échec scolaire qui risque devenir synonyme "d'échec de vie", pour reprendre les mots d'Anny Cordié.

J'ai commencé à réfléchir à la question de la difficulté scolaire au cours de mon stage de seconde année en Maison d'Enfants à Caractère Social. J'ai constaté que le moment de devoirs n'était pas perçu de la même façon par les enfants que par les adultes, pour lesquels, ils représentaient une contrainte dans l'emploi du temps.

La question suivante fera l'objet de ma première partie : quel peut être le rôle de l'éducateur au moment des devoirs, comment peut-il considérer la difficulté scolaire et la demande qui lui est adressée ?

Malgré la difficulté scolaire, l'enfant n'est pas vide de tout savoir. Dès sa naissance, il est entouré d'objets d'apprentissage. Il a une représentation du monde qui l'entoure et des moyens d'actions sur lui.

Ma deuxième partie prendra appui sur les ateliers d'expression et de création menés au sein de la maison d'enfants et en CLIS avec des enfants du voyage.

Elle sera consacrée à montrer : comment en considérant les enfants autrement que par leurs manques, ceux-ci peuvent se rendre créateurs d'objets et d'actes qui font sens, pour eux et les valorisent aux yeux d'autrui.

De plus, si tous les enfants que j'ai rencontrés sont différents, je remarque qu'ils sont, non seulement, soumis à l'obligation scolaire, mais aussi dans une situation d'inadaptation, qu'elle soit sociale, scolaire ou culturelle.

Dans ma troisième partie, j'ai reconsidéré la notion d'inadaptation scolaire à partir de l'Histoire, afin de comprendre les répercussions encore à l’œuvre de nos jours.

La MECS et la CLIS dans lesquelles j'ai effectuées mes stages avaient comme objectifs communs, écrits sur les projets d'établissement ou promu par la loi, de scolariser ces enfants en milieu ordinaire afin de favoriser leur intégration scolaire et sociale. Or, on ne peut que constater que la réussite de l'école à atteindre ses objectifs est très relative.

Ces constats m'amèneront à poser cette dernière question : l'intégration des enfants ne consisterait-elle pas d'abord par apprendre à considérer l'autre par ses compétences plutôt que par ses manques ? Et je rajouterais, à ne pas entrainer les enfants dans un esprit de compétition. Les réseaux d'échanges réciproques de savoirs ont été en cela riches d'enseignements pour considérer la valeur du savoir en fonction du besoin qu'on en a.

 

La Suite bientôt...

Lire aussi : L'avant-propos

 

 

Rédigé par Ateliers d'Art-thérapie analytique Béatrice Constantin-Mora

Publié dans #MON PARCOURS

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