Chemin informel

Publié le par Les ateliers d'art-thérapie et d'Expression Créative de Béatrice Constantin-Mora

Chaque histoire que l’on raconte à propos de soi est celle du souvenir qui s'est transformé(e) au grès des expériences vécues.

La mienne commence en Périgord où ma créativité s’est nourrie des terrains naturels des jeux de mon enfance, des rires partagés et de l'amour inconditionnel, de rencontres importantes mais aussi de mes manques, de mes ras-le-bol, de mes questionnements et de mes blessures.

Bien avant de connaître l’art-thérapie, je me suis exprimée avec la terre, la peinture, les collages, la poésie...comme autant de ressources qui soutiennent dans les moments difficiles, entraînent le plaisir de la découverte et le désir d'apprendre.

De 1994 à 1997, durant ma formation d’éducatrice spécialisée, la psychanalyse a pris une place importante dans ma vie quotidienne et professionnelle. J'ai interrogé le rapport au Savoir et le désir d'apprendre, ce qui a donné lieu à mon mémoire intitulé "Histoires-Devoirs", qui peut aussi s'entendre "Histoire de voir...".

... histoire de voir si des enfants et des adolescents ne pourraient pas commencer leur existence autrement qu'en "échec". Histoire de voir aussi, s'ils ne pourraient pas se considérer et être considérés d'abord comme porteurs de savoirs, de multiples savoirs qui leur sont personnels et valorisables comme autant de compétences pour avancer dans la vie.(articles consultable/Extrait de mon mémoire d'éducatrice spécialisée)

Tout au long de mon parcours professionnel, l'acte créatif, dans divers ateliers ou autour d'une table en internat a été un moyen, celui que j'avais à ma disposition, pour entrer en relation avec les personnes accueillies, pour les entendre et comprendre autrement que par leurs troubles ou leurs difficultés. Ce dernier n'est que la face émergée d'une histoire plus profonde et complexe, dans laquelle un sujet s'en sort justement par la création d'un symptôme, pour exprimer l’indicible.

Depuis 1997, à la rencontre de cette profession dans différentes institutions, dans les rencontres avec la singularité des personnes qui les composent ou qui y vivent, c'est avec engagement que j'ai recherché à faire émerger et à accompagner les capacités créatrices de chacun. Chacun restant libre de sortir de ses habitudes et d'oser désirer ce qui paraisait inaccessible.

Entre 2001 et 2003, j'ai entrepris une formation d'Art-thérapie analytique (Centre de Formation Arthémis). Cette formation a assouvi à la fois le désir de l'adulte d'apprendre à mener des ateliers d'expression médiatisée et celui de l'enfant de se réapproprier son savoir pour comprendre et évoluer.

En 2012, au terme d'une formation d'un an avec l'Institut PROFAC (Centre de psychologie appliquée), j'ai finalisé ma formation d'art-thérapeute avec l'obtention d'un certificat reconnu au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Vous trouverez ici le résumé de mon mémoire.

L'art-thérapie, en ce qui me concerne, est l'histoire d'une reconversion professionnelle progressive avant même que j'en vienne à la décision d'en faire mon activité à part entière. Et c'est l'histoire personnelle d'un profond engagement dans le lien social et humain avant tout.

La créativité est partout, elle baigne notre vie quand nous allons bien, elle survit malgré tout sous des tonnes de gravas quand le monde semble tourner sans nous.

Ressentir de la souffrance, de la douleur, la différence... isole. Confronté à des situations de handicap ou à des étapes de vie compliquées, l'art-thérapie est un moyen pour "prévenir avant de guérir", "prévenir" la solitude d'une personne qui se coupe d'elle-même et se coupe des autres parce que les mots, le code manquent pour exprimer ce qu'elle ressent ou parfois par crainte de "gêner" ses proches ou de se voir incomprise.

Pour conclure, je définirais l'art, quand il est relié à thérapie, comme l'enfance de l'art, voire la préhistoire de l'art, l'art de la Trace, de laisser ou transmettre des traces de soi,  chercher à retrouver les traces que l'autre a laissé en soi, pour les faire grandir comme pour mieux s'en libérer. Pour lire des articles en lien avec ce sujet, cliquer ici.

Passer de l'état d'impuissance et de spectateur à celui d'avoir "en vie".

Prendre appui sur le passé pour construire du nouveau

et vivre le présent

 

 

Publié dans MON PARCOURS

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